Le chiffre

En France, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) estime que les dyslexiques représentent 5% de la population. Cela veut dire que : sur les 12 775 400 élèves et apprentis scolarisés en France (secteur public et privé / 1er et 2e degrés) en 2016, 638 770 sont dyslexiques !

« 5%, c’est la meilleure estimation que l’on ait, sachant qu’il n’y a jamais eu en France d’étude de prévalence », Franck Ramus, chercheur en psychologie et neurosciences au CNRS spécialiste français de la dyslexie  lors de La Tête au carré, émission du 14/09/2015 sur France Inter.

C’est quoi la dyslexie ?

Ce qu’il faut savoir :

  • C’est un trouble spécifique de l’apprentissage du langage écrit (lecture et écriture) lié à un dysfonctionnement cérébral. Concrètement, comment ça se traduit ? Lenteur à lire, confusion de lettres (« b » et « d » ; « v » et « f »…), déchiffrage des mots très laborieux et extrêmement fatiguant, grandes difficultés en orthographe, entre autres.
  • Même si le mot n’est pas toujours prononcé… Oui, c’est handicap ! Car on ne sait ni changer, ni réparer le cerveau. Comme le font les sourds en lisant sur les lèvres ou les malvoyants en développant leurs autres sens (ouïe, toucher et odorat par exemple), un dyslexique va devoir user de stratégies de contournement et de compensation pour pallier « cette absence de chemin de la lecture dans son cerveau » et réussir à lire. C’est tout le travail qui est fait avec les orthophonistes, ergothérapeutes, neuropsychologues, chercheurs en neurosciences et sciences cognitives…
  • C’est un handicap invisible. Contrairement à d’autres, il ne se voit pas : pas de signe extérieur de handicap. Pas de fauteuil roulant, pas d’appareil auditif ou d’usage de Langue française des signes (LSF), pas de canne pour circuler dans la rue…
  • Il existe différentes formes et degrés de sévérité de dyslexie : légère, grave et sévère. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle, ce handicap peut parfois être banalisé ou minimisé.
  • La dyslexie est un handicap durable. On naît dyslexique et le reste… à vie ! On ne guérit pas de sa dyslexie. On apprend à vivre avec. Tout comme un sourd, un malvoyant, un autiste… vit avec son handicap.

Ce qu’il faut retenir :

  • la dyslexie est un handicap cognitif neurologique avec des régions cérébrales identifiées.
  • la dyslexie ne dépend pas du niveau d’intelligence. Souvent, on cite Einstein parmi les dyslexiques célèbres. Cela ne veut pas dire pour autant que tous les dyslexiques sont des génies. Tout comme tous les sourds ne sont pas des Mozart…
  • la dyslexie a un caractère héréditaire, elle est d’ordre génétique. Le 7 mai 1997, la dyslexie de développement est entrée dans la classification des maladies génétiques en France.
  • Vu le rôle central de la lecture et de l’écriture dans les apprentissages scolaires, ce handicap peut avoir des conséquences dans toutes les matières, donc sur l’échec scolaire.

Pour en savoir plus : www.ac-grenoble.fr

Les autres dys

Parmi les autres troubles dys, on trouve :

  • La dysphasie : trouble spécifique du langage oral (apprentissage et développement)
  • La dysgraphie : trouble qui se traduit par des difficultés de coordination et de la conduite du trait (écriture)
  • La dyscalculie : trouble persistant du calcul qui se traduit par de grosses difficultés dans l’apprentissage des nombres et des opérations
  • La dyspraxie : trouble de l’organisation des gestes (coordination et planification)

Pour en savoir plus :
– Fédération française des Dys – FFDys – www.ffdys.com
– Association de parents – APEDA France  – www.apeda-france.com
– Association Nationale des Adultes et Parents d’Enfants DYS – ANAPEDYS –  www.apedys.org
– Avenir Dsyphasie France – AAD – www.dysphasie.org
– Dysplasie France Dys – DFD – www.dysphasie.org
– Dyspraxique Mais Fantastique (DMF) – www.dyspraxie.info – www.cartablefantastique.fr
– European Dyslexia Association (EDA) – www.eda-info.eu

%

C'est le pourcentage de dyslexiques dans la population française

C'est le nombre d'élèves et apprentis dyslexiques scolarisés en 2016